Paroles d’acteurs 2021-09-10T15:58:28+02:00

Retrouvez ci-dessous nos témoignages d’installation sur le territoire

Un texte de présentation et surtout le témoignage audio du professionnel de santé

Je t137213564_6e254bf9d3_qrouve les relations avec les professionnels très satisfaisantes. La communication est facile. Avec les autres médecins généralistes ça se passe bien, on communique bien. Après, avec les médecins spécialistes, on communique bien aussi. On peut facilement les appeler, ils sont disponibles. Je sens vraiment qu’on travaille ensemble. Je trouve très important de travailler avec l’hôpital d’Oloron. Je leur adresse facilement des patients. C’est pareil avec les infirmières, les masseurs kinésithérapeutes. Maintenant, je connais plutôt bien les acteurs du territoire et vraiment je ne me sens pas seule. Parce que moi, ma crainte en médecine libérale, c’était de me sentir seule mais je ne me sens pas isolée du tout.

J’ai été étonnée par la vie du territoire. Il y a des commerces, des grandes surfaces, des cafés, des restaurants. Il y a du monde. On sent que ça vit. Il y a des gens qui travaillent. Nous ne sommes pas sur un territoire mort, à l’abandon. Nous nous installons à Louvie, où il y a la pharmacie, la boulangerie, le tabac, le traiteur. Ce côté pratique est très important. On peut aussi se balader sans prendre la voiture. On s’était donné un an et demi où j’ai travaillé ici en vivant à Pau. Ça donnait le temps de voir si ça se passait bien. Et maintenant on est fixé sur le fait que ça se passe bien.

Je décaducee-orthophoniecouvre des relations complètement différentes de celles que j’entretenais quand j’étais à Lyon, dans une grande ville, avec beaucoup de professionnels où les relations étaient inexistantes ou uniquement téléphoniques. Donc là c’est vrai que se sont des relations très faciles et relativement informelles. Au niveau des patients c’est pareil. La patientèle est très agréable, les gens sont investis par leur prise en charge. Ils cherchent à comprendre mon métier, pourquoi ils amènent leur enfant, ou pourquoi on les dirige vers une orthophoniste. Donc c’est très intéressant.

L’exercice de l’orthophonie à la campagne permet de toucher à une population extrêmement variée. On a vraiment tous les âges, toutes les pathologies. C’est à double tranchant parce que des fois on rencontre des pathologies pour lesquelles on se sent un peu seul, parce qu’on l’a vu pendant nos études et on ne l’a plus jamais revue depuis. Mais on s’appelle entre collègues, on se forme, on lit. Je trouve que c’est un beau challenge que d’avoir toutes sortes de pathologies.

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Ici les gens sont beaucoup plus sympathiques et posés qu’en ville. J’ai commencé à travailler sur Bordeaux, dans un quartier « chic ». En termes d’apprentissage, ça a été une bonne expérience. Néanmoins, c’était plus compliqué au niveau relationnel. Les gens étaient plus compliqués, plus exigeants, plus stressants. Puis, je suis directement venu sur Lasseube mais dans un premier temps comme salarié, tout en assurant des remplacements sur Pau. L’ambiance en ville est toute autre. Ce ne sont pas les mêmes rapports. Sur Lasseube, les relations sont rapidement courtoises et simples. Je recherchais un exercice non angoissant avec un bon relationnel. C’est exactement ce que l’on retrouve sur ce territoire. Aimant la campagne, j’ai emménagé à Lasseube et je me sens beaucoup mieux ici qu’en ville.

Je pense que le rôle du pharmacien à la campagne est plus important que celui d’un pharmacien de ville. C’est-à-dire qu’on va avoir un rôle de conseil plus important. On est certainement plus souvent sollicité, notamment avant d’aller consulter un médecin. Et je pense que cette marque de confiance est gratifiante.

photoLes gens sont ici beaucoup plus à l’heure, plus reconnaissants, ils paient beaucoup plus facilement les factures. En ville c’était beaucoup plus compliqué, les patients arrivaient toujours en retard. C’est un petit village. Je suis connu de tout le monde, je commence à connaitre beaucoup de gens. C’est agréable .

Je trouve que la patientèle que j’ai reste facile. Au niveau des pathologies, c’est plus polyvalent qu’en ville. Du fait d’un manque de cabinets spécialisés, je peux voir davantage de pathologies. Ici, on n’a pas de cabinets spécialisés dans la respiration, dans la rééducation vestibulaire. J’ai une patientèle plus variée avec de la traumatologie, des personnes âgées, des jeunes, des sportifs. Je vois toutes les pathologies possibles. C’est très diversifié. Le cadre de vie est agréable. Les gens sont accueillants, il n’y a pas de problème pour se garer, pas de problème de circulation. Il n’y a pas trop de stress au niveau de la population. C’est vrai que c’est assez plaisant.

Alors sage fmoi c’est sur que je suis née ici, donc c’est le retour aux sources aussi. Mais pour en avoir discuté il n’y a pas longtemps avec une collègue qui travaille sur Pau, on parlait des rapports avec les patients, des contextes socio-économiques que nous trouvions et, elle me disait que j’étais très bien dans la région dans laquelle j’étais. Parce que néanmoins, à 25 kilomètres dans une zone urbaine, c’est un exercice dans des conditions difficiles, avec une patientèle pas toujours facile non plus. Moi, j’ai une vraie qualité relationnelle avec les patientes. Ce sont des mamans adorables. On a quand même une relation très facile dans le milieu rural, les gens vous ouvrent leurs portes et c’est simple. Et moi c’est ce que j’aime aussi. Moi c’est vrai que je suis très proche de mes patientes et il y a quelque chose d’affectif qui se met en place. On se voit et on se revoit et moi c’est ce qui me plait dans le libéral. Il y a vraiment une réelle relation qui s’installe, sans pour autant vouloir être indispensable à elle parce que l’objectif principal est les rendre autonome pour qu’elles volent de leurs propres ailes.

Je n’ai rien à ajouter mis à par que je suis assez contente de travailler sur votre groupe de travail parce que je pense que c’est important de nos jours, avec la pénurie de médecins qu’on retrouve. C’est malheureux de tout centraliser sur des gros pôles, des centres en villes, soit disant au nom de la sécurité. Moi je ne suis pas forcément d’accord avec ça. Je pense qu’on peut faire du bon travail dans les petites structures. Il ne faut pas oublier la physiologie. Evidemment, on a besoin de la médicalisation, mais en travaillant bien en réseau, on peut garder de la physiologie en maternité niveau I et orienter la pathologie quand on sent que ce n’est plus de notre ressort.

Ma préférence s’est portée sur une activité rurale avec une patientèle que j’appréciais, qui me faisait confiance et la possibilité d’exercer une médecine très diversifiée au travers des urgences et de l’activité quotidienne s’étendant de la pédiatrie à la gériatrie, la possibilité de faire des visites et de découvrir les patients dans leur environnement. Si je peux résumer, le choix de m’installer sur Arette s’est porté sur l’entente et l’estime que j’avais de mes futurs associés avec l’assurance d’exercer une médecine basée sur des relations humaines de confiance. Les gardes et les urgences n’ont jamais été un frein à mon installation, au contraire, même si elles peuvent générer de l’anxiété, elles sont aussi très enrichissantes ! Ainsi le type de médecine proposé sur Arette correspondait totalement à mes valeurs […].

Après j’aimerais revenir sur la vie sur notre territoire. Il ne faut pas croire qu’il est difficile pour une femme d’être un médecin de campagne à condition, et je lui rends hommage, d’avoir un compagnon qui a plus de disponibilité que soi. J’habite à trois minutes de chez moi. Une fois ma journée terminée, je n’ai pas à faire des heures de route dans les embouteillages pour rentrer chez moi. De plus, ici se crée une solidarité que l’on ne retrouve pas forcément en ville. Si les enfants sont malades, je peux les laisser chez la voisine, faire appel à mes connaissances. De plus, je fais partie de nombreuses associations qui me permettent de rencontrer de nouvelles personnes et de développer ma vie sociale. Mais je pense qu’à partir du moment où l’on souhaite s’intégrer dans la vie du village et que l’on gagne la confiance des personnes, la vie devient facile, cordiale et on peut facilement demander l’aide de nos voisins. Après, on sort beaucoup sur Oloron Sainte Marie. Il y a une programmation culturelle qui est superbe. On peut aller voir des spectacles, du théâtre, des concerts. Je trouve que la vie que je mène sur Arette est très riche, aussi bien sur le plan professionnel, familial, social que culturel.

 

show_image_in_imgtag.phpDans l’exercice libéral, la difficulté est due au non remboursement des consultations. Cette non prise en charge peut constituer un réel frein pour certaines familles, qui renoncent à ce type de prise en charge. Pour ceux qui ont recours à la psychomotricité, les parents sont en attente d’un lien différent, avec d’avantage d’échanges, d’avantage d’informations quant à la prise en charge de leurs enfants. Dans le cadre de mon exercice à Oloron, ce sont les familles qui amènent les enfants (parents, grands parents). J’ai donc un échange avec eux. Les informations qu’ils me rapportent sont très importantes avant d’entamer la séance. A la fin de la séance, il y a toujours un retour fait aux parents. Dans ce sens, nous avançons ensemble dans la prise en charge de l’enfant. C’est très enrichissant.

Les échanges entretenus avec les professionnels de santé se font essentiellement autour des patients que nous avons en commun. Le plus souvent, ces échanges se font par téléphone, du fait d’un contact facile avec les autres professionnels de santé. Ce lien se fait essentiellement avec les orthophonistes, les ergothérapeutes… avec les paramédicaux. Avec les médecins, ils se font beaucoup plus par courrier. Ces échanges sont un réel appui dans le cadre de mon exercice. Si besoin, je peux me tourner vers un professionnel de santé pour obtenir d’avantage d’informations sur une situation particulière.

D’autre part, un groupe de travail s’est constitué assez rapidement suite à l’installation d’une neuropsychologue sur le territoire. Nous nous retrouvons en interprofessionnel sur Oloron Sainte-Marie, pour échanger sur les pratiques de chacun. En général, on essaie de se retrouver tous les deux mois pour créer une solidarité entre nous.